Le Lycée Marie Jeanne entame une nouvelle année de calvaire

Plus de deux ans après avoir été contraint de fuir ses propres locaux en raison de la violence des gangs armés, le Lycée Marie Jeanne s’enfonce un peu plus dans la crise. Alors que débute l’année académique 2026-2027, cet établissement emblématique de la capitale continue de fonctionner dans des conditions humanitaires et pédagogiques révoltantes, illustrant le naufrage du système éducatif public haïtien face à l’insécurité globale.

Le déplacement forcé date du mois de mars 2024, lorsque les locaux d’origine du lycée ont été envahis par des populations déplacées par la terreur des gangs. Depuis cette date, les élèves, le corps enseignant et le personnel administratif font face à une situation d’apprentissage devenue intenable.

Au cours des deux dernières années, la direction a dû multiplier les solutions de fortune pour éviter une fermeture. Après avoir partagé les espaces du Lycée Horatius durant l’année 2024-2025, l’établissement a trouvé un abri provisoire au sein des institutions privées Sainte Rose de Lima et Saint-Louis de Bourdon pour l’année 2025-2026. Malgré la solidarité de ces institutions, ces aménagements successifs n’ont jamais permis de retrouver un rythme scolaire normal.

À l’aube de cette nouvelle rentrée, la crise atteint désormais un point critique. Les écoles d’accueil, soumises à leurs propres contraintes, exigent désormais la restitution de leurs salles. Privé d’espace, l’établissement sombre dans l’absurde : des cours organisés par roulement et des salles de classe coupées en deux par de simples bâches où deux enseignants doivent parler en même temps.

Face à ce chaos, l’Union Nationale des Normaliens/nes d’Haïti (UNNOEH), par la voix de son coordonnateur général Kensone Delice, a publié une note de presse pour condamner avec la plus grande fermeté le laisser-faire des autorités. Le syndicat qualifie d’inadmissible la persistance de cette situation qui prive les élèves de leur droit fondamental à un environnement propice à la concentration, à la sérénité et à la réussite académique.

L’UNNOEH fustige également les promesses non tenues et le manque de volonté politique du gouvernement, qui avait pourtant annoncé à plusieurs reprises la libération et la restitution du bâtiment d’origine.

Le syndicat exige un calendrier d’action clair et des mesures d’urgence immédiates pour remédier à cette situation qu’il qualifie d’inadmissible.