Le Mouvement de la Société Civile Haïtienne (MSCH) dénonce les tâtonnements du gouvernement et du Conseil électoral provisoire (CEP) dans la conduite du processus électoral en Haïti. Dans une note de presse authentifiée par Kensone Delice, coordonnateur général de l’UNNOEH, l’organisation estime que les modifications répétées du décret électoral, les changements de calendrier et la persistance de l’insécurité compromettent la préparation des prochaines élections.
Le MSCH revient notamment sur les différentes modifications du cadre légal électoral depuis décembre 2025. Le décret du 1er décembre 2025 a été remplacé par celui du 2 juin 2026, puis modifié les 2 juillet et 6 octobre 2026. Selon cette structure, ces changements répétés soulèvent des interrogations sur la qualité de la planification et la capacité des autorités à garantir des règles stables et prévisibles.
« Aucun candidat ne doit être lésé par les tâtonnements institutionnels et l’absence de planification rigoureuse des opérations électorales », écrit le MSCH.
Le Mouvement appelle le gouvernement et le CEP à assumer pleinement leurs responsabilités respectives. Elle rappelle que le gouvernement doit réunir les conditions sécuritaires, administratives et matérielles nécessaires à la tenue du scrutin. Le CEP, de son côté, doit assurer une planification rigoureuse, une communication claire et une gestion cohérente des opérations électorales.
Le mouvement s’inquiète également des conséquences de l’incertitude sur les candidats et les partis politiques. Il souligne que les changements d’échéances compliquent leur préparation, notamment pour les fonctionnaires candidats qui doivent prendre des dispositions de mise en disponibilité et les agents exécutifs intérimaires concernés par des obligations de démission. Selon le MSCH, cette situation risque de créer des inégalités entre les candidats et de nuire à l’équité du processus.
L’insécurité constitue un autre sujet de préoccupation. Le MSCH estime que les violences des gangs, les déplacements forcés de population et les difficultés d’accès à plusieurs territoires représentent des obstacles majeurs à l’organisation d’élections crédibles et inclusives. Il reproche au gouvernement de ne pas avoir obtenu de résultats suffisamment tangibles en ce qui concerne le rétablissement d’un climat de sécurité favorable au scrutin.
Face à cette situation, l’organisation demande aux autorités de publier un calendrier électoral réaliste, accompagné d’engagements précis et vérifiables.
Le MSCH affirme qu’il poursuivra sa mission de veille citoyenne et continuera d’interpeller les autorités jusqu’à l’obtention d’avancées concrètes. Il estime que la tenue d’élections crédibles, transparentes et inclusives nécessite des règles prévisibles, une planification rigoureuse et des institutions pleinement responsables de leurs décisions.














LAISSEZ UN COMMENTAIRE